ANATPE/Toulouse

13 Avr, 2026 | Actualités locales

Réunion des assesseurs sur le thème « Mineurs et prostitution »  du 9 avril 2026

De plus en plus souvent, au cours des audiences, les assesseurs sont confrontés au problème de la prostitution des mineurs, qu’il s’agisse de victimes ou d’auteurs.

Afin de mieux appréhender le phénomène dans toute sa complexité, nous avions demandé à l’association l’Amicale du nid (Adn31) de venir nous en présenter les différents aspects.

Après une définition, quelques chiffres et une réflexion sur les représentations de chacun sur la prostitution des mineurs, les deux intervenantes (une formatrice et une juriste) ont pu développer 5 points particuliers

  • Le système prostitutionnel qui permet l’exploitation sexuelle : Il est important de situer les places respectives des victimes, des proxénètes et des clients.
  • Les facteurs et les modalités d’entrée en prostitution. La fragilité préexistante, les facteurs déclenchants et la dissociation.
  • Les conséquences de la prostitution, psychiques, physiques, sexuelles, sociales et professionnelles et la distorsion du rapport à l’argent.
  • Les repères juridiques : définitions, cadre législatif en vigueur, plusieurs lois se sont succédées à la fois pour cadrer et pour améliorer la prise en charge des mineurs victimes.
  • L’accompagnement au sein de l’AdN31, accompagnement juridique notamment vers la plainte et accompagnement de longue durée sur le chemin de la sortie

L’importance du vocabulaire a été soulignée. Il permet d’objectiver le système prostitutionnel comme un système d’exploitation où les jeunes mineur(e)s sont des victimes et non pas des « prostitué(e)s» avec tout ce que le mot recouvre dans l’imaginaire collectif et les replacer dans le cadre de la protection de l’enfance.

Les débats ont été très intéressants, abordant bien sûr les mineurs auteurs qui bien souvent ont des difficultés à se voir comme des proxénètes et le difficile sujet des mineures victimes et auteures à la fois.

Tous ces éléments, très complémentaires des apports de la conférence lors l’assemblée générale de l’ANATPE le 21 mars 2026, ne pouvaient épuiser le sujet en une matinée et il est possible d’approfondir encore par des formations telles qu’en proposent l’ENM et l’ENPJJ.

Dorothée Querleu, déléguée ANATPE