Organisée le 24 mars 2026 par la cour d’appel, et animée par madame Maffre vice-présidente, la conférence était cette année ouverte aux assesseurs. Le public comportait par ailleurs des professionnels de la police, de la justice, de l’éducation nationale et de l’ASE.
La conférence était structurée en deux temps :
Tout d’abord, Madame Brunin, avocate générale et Madame Vella, directrice inter-régionale Sud de la PJJ ont présenté les actualités juridiques, les dernières circulaires, le contrôle des structures d’accueil, la fermeture des CEF, et l’évolution de la délinquance des mineurs en Occitanie.
Ensuite, la conférence s’est centrée sur le thème de l’exil et les enfants de l’exil avec les interventions successives de Madame Cynthia Weiller psychologue clinicienne interculturelle et du Dr Lucie Rosenthal pédopsychiatre spécialisée en psychotraumatisme et ethnopsychiatrie dans le Service Universitaire de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent (SUPEA)
Madame Weiller a exposé les concepts de culture et d’identité et les conséquences pour des enfants devant grandir entre deux cultures très différentes.
Parmi les thèmes abordés, on peut retenir l’importance déterminante de la qualité des passerelles entre les cultures et la notion de crise identitaire, habituelle chez tout adolescent et chez tout nouveau parent, qui est majorée pour les personnes en exil et enfin, le contexte migratoire (trajet et accueil), plus ou moins difficile selon les cas, qui peut entrainer des psychotraumatismes.
Le Dr Rosenthal a développé les concepts de psychotraumatisme et de vulnérabilité de ces enfants, vulnérabilité psychique et biologique qui peut persister à la génération suivante. Elle a souligné les tensions entre les deux mondes de l’enfant, particulièrement aux trois moments clés : grossesse et post partum, apprentissage et adolescence.
Elle a insisté sur quelques éléments fondamentaux :
- La place des langues, essentielle, avec la nécessaire valorisation de la langue maternelle et l’aide des interprètes pour faire rentrer la langue d’origine dans l’institution.
- Les nombreux écueils à éviter et, parmi eux, la parentalisation de l’enfant, les conflits de loyauté, et le clivage ou, du côté des intervenants, la fascination voire les attitudes inconscientes post coloniales.
- Le cadrage de la rencontre où le professionnel doit expliquer son rôle et montrer sa propre volonté d’établir des passerelles en se décentrant.
De nombreux exemples donnés par les intervenantes et les témoignages des participants ont bien illustré ces propos.
La question particulière des MNA n’a pas été traitée, nécessitant à elle seule une autre conférence.
La qualité des intervenants et leur expérience ont donné à chacun des participants des bases de réflexion d’une grande richesse.
Quelques références :
- Georges Devereux : Psychothérapie d’un indien des plaines – film Jimmy P
- Gesime Sturm : psychologie clinique interculturelle – Université Jean Jaurès de Toulouse
- Dr Radjack Rahmethnissah : évaluation clinique en situation transculturelle
- Centre Babel
Dorothée Querleu Déléguée ANATPE/Toulouse