Jeudi 20 mars 2025, une réunion a été mise en place pour faire le point sur la justice pénale des mineurs actuellement et en prévision des nouvelles dispositions si celles-ci étaient adoptées en l’état. Elle s’est déroulée à la maison de l’avocat à Bobigny.
Cette réunion a été organisée par des acteurs impliqués dans cette justice dont Madame EGLIN, juge des enfants, un sociologue, une avocate et une éducatrice. Il y avait un nombre important de participants dont des magistrats du TPE de Bobigny, des avocats, des éducateurs et 5 assesseurs ce TPE.
La réunion a débuté par quelques rappels sociologiques concernant ces justiciables particuliers que sont les jeunes notamment sur l’appartenance au milieu social, le rôle des parents, la race et la culture. Il a été mis en avant l’amplification du contrôle social ainsi que des aspects sur la discrimination, la mise en faillite de l’Etat, leur sortie de prison et une réflexion sur le temps judiciaire. Il a été évoqué ‘’le fiasco’’ de cette justice par certains courants idéologiques et les enjeux dont des personnalités politiques tentent de se saisir.
Madame EGLIN a présenté, à travers un bref historique, les fondements et l’intérêt de la justice des mineurs. Elle a abordé les modifications proposées par la réforme en expliquant ses effets contreproductifs. Elle a également insisté sur les différentes possibilités que l’actuel CJPM permet pour assurer une justice équitable et efficace. Elle a mentionné que des membres de la société civile étaient déjà impliqués dans son action par l’intermédiaire des assesseurs. Elle a rappelé que les problèmes se trouvaient davantage dans les structures environnantes qui, par manque de moyens, ne pouvaient assurer pleinement leur rôle.
L’avocate spécialisée dans la justice des mineurs a indiqué qu’en fait, malgré l’esprit du CJPM, la justice des mineurs était de plus en plus répressive en mentionnant des cas concrets. Elle a également abordé l’impact sur les proches du mineur, les parents et la famille plus largement. Pour elle, le rôle de l’avocat va au delà de son simple aspect professionnel et elle a évoqué une défense personnalisée par une forme d’ «alliance éducative » nécessitant un minimum de temps, notamment en profitant de la césure pénale, pour créer ce lien indispensable entre le mineur, son avocat, son ou ses éducateurs et ses parents.
L’éducatrice nous a d’abord présenté la formation des personnels de la PJJ en insistant sur le manque d’éducateurs. Elle nous a également indiqué que la formation initiale avait été ramenée de 24 mois à 18 mois et que le système faisait de plus en appel à des contractuels sans être vraiment spécialisés. Elle a également repris l’idée du lien en général et de la confiance en particulier à créer avec les mineurs pour arriver à les accompagner vers l’insertion. Elle a, au travers d’exemples, évoqué la violence ou encore les addictions. Elle a également abordé le délai pour mettre en place le suivi éducatif entrainant une moindre efficacité pendant le suivi et après en prenant en compte le risque de récidive.
Dans la seconde partie de cette réunion, des questions et des contributions ont été apportées par les différents participants permettant ainsi de compléter ou de préciser certains points évoqués au cours des interventions.